FACE AU VENT

Résistance citoyenne alter-éolienne au Roc de Peyremaux
Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc

Récit à plusieurs yeux de la marche alter-éolienne et des actes de désobéissance pacifique qui l’ont accompagnée, les 11 et 12 juillet 2016, sur le site du chantier du parc éolien d’Albine (Tarn).

Lorsque les habitants et les collectifs alter-éoliens de la montagne Noire apprennent le début des travaux d’extension du parc éolien d’Albine, ils décident d’organiser un forum, pour informer les habitants de l’impact de l’industrie éolienne, et de la construction prochaine sur leur montagne, de 8 nouvelles géantes blanches. Mais une semaine avant la date choisie, les travaux de terrassement commencent, à l’endroit même où devait s’organiser la rencontre.

La résistance s’organise. Habitants et zadistes décident, sans attendre, d’occuper le site et de bloquer les travaux. Le jeudi 7 juillet, un premier blocage est effectué. Elles/ Ils sont une poignée mais parviennent à négocier le retrait des engins jusqu’à la fin de la semaine. A l’issue du forum, décision est prise de reconduire l’action de blocage.

Une participante raconte ce lundi 11 juillet 2016 :

 » Une marche lente est prévue pour ralentir l’arrivée des engins qui finissent de préparer l’accès au site éolien. Dès 7h du matin, nous rencontrons la gendarmerie locale qui nous explique l’illégalité de notre présence sur cet axe. Désobéissance mais non violente et légitime. Le scénario « marche lente » fonctionne. En fin de matinée, une partie des engins empruntent une autre piste pour accéder au chantier. La quarantaine d’opposants alors présents et déterminés se divisent en deux groupes. Le premier blocage se stabilise à 2km, le second… à 300 mètres environ du point névralgique. En début d’après-midi, une trentaine de gendarmes arrivent en renfort. Nous devons adopter une nouvelle stratégie. Nous nous asseyons, bras et jambes liés. Les forces de l’ordre nous délogent assez violemment, au vue de notre attitude, certes claire et convaincue, mais résolument non-violente.

Désenchaînés, nous reprenons à plusieurs reprises la formation. Après une heure, ce ne sont plus les gendarmes mais nos corps souffrant des « désenchaînements » musclés qui commencent à nous rappeler à l’ordre…  La pelle finit par toucher son objectif, mais l’heure tardive, la fatigue de tous et l’arrivée des journalistes ne permettront pas la reprise du travail. Pour nous, une journée de gagné ! Forte en émotions de par la violence subie, mais surtout par la résistance aboutie et vécue dans une solidarité rare et belle. Elle n’est que le préambule d’une lutte qui se révèlera longue. La mobilisation du plus grand nombre, dans cet état d’esprit reste le premier atout de notre lutte. Nobles oiseaux attentifs à leurs territoires, nous n’aurons de cesse de le survoler et de le défendre. « 

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