27 juillet 2016 – Les décrets tombent !

 » Suite aux luttes en cours contre l’invasion des éoliennes industrielles, en particulier la mise en place d’une Z.A.D sur le chantier d’Albine (81) , soutenue par la majorité des habitant.e.s des environs et par TNE (collectif de 30 associations du PNRHL), les 3 communes d’Albine, Sauveterre et Lespinassière, ont publié en hâte des arrêtés municipaux interdisant la circulation et/ou le stationnement des véhicules à moteur sur les pistes et chemins ruraux de leurs territoires !!!
Tout cela pour complaire aux bétonneurs et promoteurs, dont les énormes engins doivent pouvoir continuer  à dévaster tranquillement des hectares de montagne pour la mise place de leurs éoliennes, de surcroît sous la surveillance de la gendarmerie (véhicules terrestres + hélicoptères) .

Les motifs de l’arrêté de Sauveterre valent le détour : protection de la faune et la flore, protection des promeneurs et des habitants, etc…  »

Quant aux arrêtés pris par Lespinassière, ils l’ont été fait sous la pression des évènements, notamment la mise en garde à vue, vendredi 22 juillet, d’un zadiste pour bris de glace.

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25 juillet 2016 – Témoignage de violences sur le chantier d’Albine

Témoignage de Maryse et Jean-François, concernant l’attitude agressive des ouvriers du chantier à l’encontre des promeneurs.

« Aujourd’hui, le 25 juillet, nous sommes allés randonner sur le site éolien d’ Albine et nous avons pu témoigner de la violence des chauffeurs qui circulent sur le chantier. Nous y avons rencontré
également la jeunesse, qui n’a peur de rien et ils ont failli être écrasés par le camion fou.
Nous sommes scandalisés et avons témoigné. Nous espérons que les gens en contact avec la presse pourrons faire circuler cela car le chauffeur ne peut plus dire n’importe quoi. « 

Maryse et Jean-François ont été auditionnés jeudi 28 juillet en fin de matinée jusqu’en début d’après-midi, à la gendarmerie de Saint-Amans Soult. Ils ont été accompagnés par quelques personnes présentes au rassemblement de Lacabarède.

Deposition

20-21-22 juillet 2016 – Pressions et première interpellation sur la ZAD

Mercredi 20 juillet au petit matin, un bulldozer suivi d’un camion de l’entreprise Averous, en charge des travaux de terrassement, est passé en force devant le campement de la ZAD où des chicanes avaient été installées. Les zadistes ont aussitôt remis en place de nouvelles chicanes.

Jeudi 21 juillet, en fin d’après-midi, des ouvriers d’Averous, accompagnés du représentant de la société Valréa, maître d’oeuvre du chantier, sont revenus sur la ZAD, caméra au point, interpeller les zadistes sur leur intervention de la veille, leur demandant quelle avait été leur réaction à leur réveil. Un des zadistes présents la veille, agacé du ton sarcastique de la conversation, se saisit d’un caillou et pensant taper sur la carrosserie de la voiture du représentant de Valréa, brise accidentellement la vitre du véhicule.

Vendredi 22 juillet, à 7h du matin, une vingtaine de gendarmes arrive sur la ZAD pour procéder à l’interpellation du zadiste au caillou. Il est emmené en garde à vue à la gendarmerie de Peyriac-Minervois, et en ressort l’après-midi même, avec une convocation au tribunal correctionnel de Carcassonne, en janvier 2017…

Suite à cet incident, la mairie de Lespinassière s’est vue contrainte de rédiger à son tour deux décrets municipaux, visant l’interdiction de la circulation des véhicules et des personnes sur la piste menant à la ZAD. Le décret a pris effet ce mercredi 27 juillet.

Ce qu’en disent les promoteurs, les politiques et entrepreneurs…

Le projet de « financement participatif » de Valorem :

L’avis de la mairie d’Albine

 » L’EPCI qui a institué le régime de la fiscalité éolienne unique, verse aux communes d’implantation et aux communes limitrophes membres de l’EPCI, une attribution visant à compenser les nuisances environnementales liées aux éoliennes. Ce versement constitue une obligation. Son montant est librement fixé par délibération du Conseil Communautaire.
Le montant de l’attribution pour nuisances environnementales à verser par une Communauté à fiscalité éolienne unique ne peut être supérieur au produit FPE+IFER qu’elle a perçu au titre des éoliennes implantées sur son territoire.
Le Conseil Communautaire, après en avoir délibéré, décide à l’unanimité :
– de fixer l’attribution de compensation pour nuisances environnementales à 100% du produit FPE+IFER perçu par la Communauté de Communes de la Haute Vallée du Thoré pour la (ou les) Commune(s) d’implantation des éoliennes,
– de fixer à 1 € le montant de l’attribution de compensation pour nuisances environnementales pour les communes limitrophe de la (ou les) Commune(s) d’implantation des éoliennes,
Le versement effectif fera l’objet d’un acompte de 50% de la recette prévisionnelle au mois de juin de chaque année et fera l’objet d’une régularisation en fin d’année tenant compte des recettes effectivement perçues. « 

 

Nouveau blocage dans le centre-ville d’Albine

Ce matin tôt, une dizaine d’opposants au projet des éoliennes d’Albine se sont rassemblés dans le centre-ville, bloquant pour quelques heures quatre camions de livraison de gravier. Un barrage filtrant pour les passants et automobilistes matinaux s’est improvisé, avec petit café et croissant chaud. La gendarmerie est arrivée rapidement sur place, rappelant aux manifestants qu’il était illégal d’entraver la circulation et d’empêcher le travail des ouvriers. À 8h45, les renforts de la gendarmerie et la brigade du PSIG sont arrivés. Les manifestants ont été intimés de dégager la chaussée le plus rapidement possible et sans résistance, sous peine de mise en garde à vue immédiate. Une courte marche lente, sur quelques centaines de mètres, aura symboliquement permis de ralentir pour quelques minutes encore l’avancée des travaux…

À 9h, une trentaine de nouveaux manifestants rejoignaient le cortège, répondant à l’appel lancé sur les réseaux sociaux ce week end, notamment, les représentants des collectifs alter-éoliens de la Montagne Noire. Les journalistes locaux présents ont également pu recueillir le témoignage direct des évènements.

Récit d’un manifestant :

« On ira jusqu’au bout pour éviter la destruction de notre territoire »…

Jusqu’au bout, cela veut dire jusqu’à ce que les élus des communes du Parc naturel régional du Haut Languedoc, et ceux qui le dirigent, renoncent aux projets d’éoliennes industrielles sur ce « territoire d’exception » comme le qualifie lui-même le Parc dans sa communication.

Lundi 18 au matin, plus de soixante personnes se sont retrouvées pour soutenir les actions non violentes, mais fermes et efficaces, de la Zad installée proche du chantier qui vient de démarrer. Ce n’était pas, pour l’instant, un appel aux populations à manifester, juste un rassemblement de soutien auquel étaient invité les différentes associations qui, elles aussi, dans leur village se battent contre l’implantation supplémentaire d’éoliennes.

Objectifs : retarder le chantier, trouver des failles pour l’interrompre, montrer sa détermination et surtout faire pression sur le Parc pour tout arrêter et ne pas attendre le quota des 300 précisé dans sa charte ce qui serait catastrophique (plus d’une centaine construite ou en cours à ce jour, autant en projet).

Si par ailleurs des camions ont été arrêtés avec du coup quelques interventions musclées de la part des nombreux gendarmes présents, les zadistes – tous du coin – tendaient aux passants des tracts pour expliquer leur colère, mais aussi croissants et café pour engager la conversation de manière plus conviviale.

On ne peut pas dire, par contre, qu’un véritable échange a eu lieu avec le maire, Mr Barthès, puisque celui-ce a bien voulu les voir sans souhaiter répondre à leurs questions (ni à celles des journalistes présents !).

Une jeune agricultrice l’interpelle : « Pourquoi vous dîtes que là haut c’est pas grave, personne n’y vit ! Venez nous voir ! Des jeunes repeuplent le village, remettent en culture des terres et vous nous collez des éoliennes au-dessus de la tête » ;

Et un éleveur d’enchaîner : « Pourquoi le choix de l’éolien industriel ? Pourquoi permettre à des multinationales de s’enrichir en bousillant des paysages que vous vantez vous-même aux touristes ? »

Ou encore Gilles Montois installé depuis 1980 avec entre autres un troupeau de 60 vaches, fer de lance des 10 ans de lutte à Albine  : « Il y a d’autres solutions, y compris le micro-éolien », et d’expliquer au maire comment un village peut produire son électricité au bénéfice de tous les habitants, comme après la guerre on gérait l’eau pour tous » ;

« Vous vous rendez compte que vous transformez le Parc naturel en parc industriel ? Pourquoi avoir autorisé un tel massacre ? » « Pour le fric » fut la seule réponse du premier magistrat qui a continué à se taire quand la presse lui demanda s’il connaissait le montant du coût (pharamineux) si un démontage devait être fait dans quelques années ?

Apparemment, vus les échanges avec les habitants, eux non plus !

 

Le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc et sa charte

Extrait du discours de Colin Miège, Sous-préfet de Castres, à l’occasion des 7èmes journées scientifiques du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc

 » Voilà, alors, peut-être rappeler quelques évidences qui n’ont rien de scientifique, vous m’en excuserez. D’abord rappeler que le paysage ou les paysages, c’est ce qu’on appellera peut-être un bien commun immatériel de très grande valeur. Le paysage caractérise à l’évidence nos territoires ruraux, particulièrement de montagne. Alors, c’est un bien commun, c’est-à-dire qu’il appartient à tous et à personne à la fois. C’est-à-dire que ce bien commun, je crois qu’il est non seulement celui des habitants, mais c’est un bien aussi, je dirai national et même international puisqu’il y a des gens qui viennent ici pour les admirer. On doit s’en tenir responsable sans penser que personne ne puisse se l’accaparer, même partiellement pour un usage privatif. Cela je crois que c’est un point important.

Le deuxième aspect, c’est que c’est un patrimoine immatériel. C’est-à-dire qu’on n’en mesure pas directement la valeur, on ne la chiffre pas, et néanmoins, elle est absolument essentielle et considérable. Imaginons un paysage dégradé, vous verrez assez vite les conséquences que cela peut avoir sur le tourisme, composante essentielle de l’activité économique de ce Parc naturel régional. Alors, un fois qu’on a rappelé ces évidences, on peut aussi dire qu’un paysage c’est le résultat d’une activité humaine millénaire. Il n’y a pas de paysages naturels dans nos pays, je dirai de longues civilisations. Ces paysages ont été marqués par l’activité humaine, mais alors traditionnellement par une activité agricole, d’abord essentiellement pastorale, industrielle aussi.

Alors, là où la question se pose aujourd’hui avec acuité, c’est que les atteintes aux paysages ont changé de dimension.Aujourd’hui, on voit bien que les menaces peuvent être d’une autre nature, d’un autre impact, bien sûr on l’a déjà dit. On pense notamment aux panneaux photovoltaïques qui peuvent couvrir de très grandes surfaces et aux implantations éoliennes qui se voient de très loin. C’est une autre dimension, c’est une autre nature.

Alors le débat est bien là. Quelque part, nous ne voulons pas tourner le dos aux énergies renouvelables, mais en même temps, comment les maîtriser ? Je crois que le débat est là. Il faut être excessivement prudent, comme on disait jadis, le législateur ne pouvait pas toucher les lois, sans avoir la main qui tremble. C’est-à-dire sans réfléchir et y revenir. Je crois que pour les paysages et pour les grandes infrastructures, il faut y réfléchir, il faut y penser, il faut être mesuré, modéré et faire attention aux effets collatéraux. « 

À lire :

Pollution visuelle et atteintes aux paysages