Le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc et sa charte

Extrait du discours de Colin Miège, Sous-préfet de Castres, à l’occasion des 7èmes journées scientifiques du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc

 » Voilà, alors, peut-être rappeler quelques évidences qui n’ont rien de scientifique, vous m’en excuserez. D’abord rappeler que le paysage ou les paysages, c’est ce qu’on appellera peut-être un bien commun immatériel de très grande valeur. Le paysage caractérise à l’évidence nos territoires ruraux, particulièrement de montagne. Alors, c’est un bien commun, c’est-à-dire qu’il appartient à tous et à personne à la fois. C’est-à-dire que ce bien commun, je crois qu’il est non seulement celui des habitants, mais c’est un bien aussi, je dirai national et même international puisqu’il y a des gens qui viennent ici pour les admirer. On doit s’en tenir responsable sans penser que personne ne puisse se l’accaparer, même partiellement pour un usage privatif. Cela je crois que c’est un point important.

Le deuxième aspect, c’est que c’est un patrimoine immatériel. C’est-à-dire qu’on n’en mesure pas directement la valeur, on ne la chiffre pas, et néanmoins, elle est absolument essentielle et considérable. Imaginons un paysage dégradé, vous verrez assez vite les conséquences que cela peut avoir sur le tourisme, composante essentielle de l’activité économique de ce Parc naturel régional. Alors, un fois qu’on a rappelé ces évidences, on peut aussi dire qu’un paysage c’est le résultat d’une activité humaine millénaire. Il n’y a pas de paysages naturels dans nos pays, je dirai de longues civilisations. Ces paysages ont été marqués par l’activité humaine, mais alors traditionnellement par une activité agricole, d’abord essentiellement pastorale, industrielle aussi.

Alors, là où la question se pose aujourd’hui avec acuité, c’est que les atteintes aux paysages ont changé de dimension.Aujourd’hui, on voit bien que les menaces peuvent être d’une autre nature, d’un autre impact, bien sûr on l’a déjà dit. On pense notamment aux panneaux photovoltaïques qui peuvent couvrir de très grandes surfaces et aux implantations éoliennes qui se voient de très loin. C’est une autre dimension, c’est une autre nature.

Alors le débat est bien là. Quelque part, nous ne voulons pas tourner le dos aux énergies renouvelables, mais en même temps, comment les maîtriser ? Je crois que le débat est là. Il faut être excessivement prudent, comme on disait jadis, le législateur ne pouvait pas toucher les lois, sans avoir la main qui tremble. C’est-à-dire sans réfléchir et y revenir. Je crois que pour les paysages et pour les grandes infrastructures, il faut y réfléchir, il faut y penser, il faut être mesuré, modéré et faire attention aux effets collatéraux. « 

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