Nouveau blocage dans le centre-ville d’Albine

Ce matin tôt, une dizaine d’opposants au projet des éoliennes d’Albine se sont rassemblés dans le centre-ville, bloquant pour quelques heures quatre camions de livraison de gravier. Un barrage filtrant pour les passants et automobilistes matinaux s’est improvisé, avec petit café et croissant chaud. La gendarmerie est arrivée rapidement sur place, rappelant aux manifestants qu’il était illégal d’entraver la circulation et d’empêcher le travail des ouvriers. À 8h45, les renforts de la gendarmerie et la brigade du PSIG sont arrivés. Les manifestants ont été intimés de dégager la chaussée le plus rapidement possible et sans résistance, sous peine de mise en garde à vue immédiate. Une courte marche lente, sur quelques centaines de mètres, aura symboliquement permis de ralentir pour quelques minutes encore l’avancée des travaux…

À 9h, une trentaine de nouveaux manifestants rejoignaient le cortège, répondant à l’appel lancé sur les réseaux sociaux ce week end, notamment, les représentants des collectifs alter-éoliens de la Montagne Noire. Les journalistes locaux présents ont également pu recueillir le témoignage direct des évènements.

Récit d’un manifestant :

« On ira jusqu’au bout pour éviter la destruction de notre territoire »…

Jusqu’au bout, cela veut dire jusqu’à ce que les élus des communes du Parc naturel régional du Haut Languedoc, et ceux qui le dirigent, renoncent aux projets d’éoliennes industrielles sur ce « territoire d’exception » comme le qualifie lui-même le Parc dans sa communication.

Lundi 18 au matin, plus de soixante personnes se sont retrouvées pour soutenir les actions non violentes, mais fermes et efficaces, de la Zad installée proche du chantier qui vient de démarrer. Ce n’était pas, pour l’instant, un appel aux populations à manifester, juste un rassemblement de soutien auquel étaient invité les différentes associations qui, elles aussi, dans leur village se battent contre l’implantation supplémentaire d’éoliennes.

Objectifs : retarder le chantier, trouver des failles pour l’interrompre, montrer sa détermination et surtout faire pression sur le Parc pour tout arrêter et ne pas attendre le quota des 300 précisé dans sa charte ce qui serait catastrophique (plus d’une centaine construite ou en cours à ce jour, autant en projet).

Si par ailleurs des camions ont été arrêtés avec du coup quelques interventions musclées de la part des nombreux gendarmes présents, les zadistes – tous du coin – tendaient aux passants des tracts pour expliquer leur colère, mais aussi croissants et café pour engager la conversation de manière plus conviviale.

On ne peut pas dire, par contre, qu’un véritable échange a eu lieu avec le maire, Mr Barthès, puisque celui-ce a bien voulu les voir sans souhaiter répondre à leurs questions (ni à celles des journalistes présents !).

Une jeune agricultrice l’interpelle : « Pourquoi vous dîtes que là haut c’est pas grave, personne n’y vit ! Venez nous voir ! Des jeunes repeuplent le village, remettent en culture des terres et vous nous collez des éoliennes au-dessus de la tête » ;

Et un éleveur d’enchaîner : « Pourquoi le choix de l’éolien industriel ? Pourquoi permettre à des multinationales de s’enrichir en bousillant des paysages que vous vantez vous-même aux touristes ? »

Ou encore Gilles Montois installé depuis 1980 avec entre autres un troupeau de 60 vaches, fer de lance des 10 ans de lutte à Albine  : « Il y a d’autres solutions, y compris le micro-éolien », et d’expliquer au maire comment un village peut produire son électricité au bénéfice de tous les habitants, comme après la guerre on gérait l’eau pour tous » ;

« Vous vous rendez compte que vous transformez le Parc naturel en parc industriel ? Pourquoi avoir autorisé un tel massacre ? » « Pour le fric » fut la seule réponse du premier magistrat qui a continué à se taire quand la presse lui demanda s’il connaissait le montant du coût (pharamineux) si un démontage devait être fait dans quelques années ?

Apparemment, vus les échanges avec les habitants, eux non plus !

 

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